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Arman
Exposition Centre Pompidou:
Né à Nice en 1928, décédé à N.Y en 2005, Arman étudie à l’école des arts décoratifs de Nice, puis à l’école du Louvre de
Paris. Il entame sa pratique de l’art par la peinture, influencé par l’abstraction qui domine alors la scène artistique en France. Mais Arman va très vite développer une œuvre en phase avec son
époque, en utilisant des objets manufacturés produits par la société de consommation. Avec Yves Klein et Martial Raysse, ils formeront le noyau niçois du nouveau réalisme , fédéré en 1960 par le
critique d’art Pierre Restany.
La première accumulation d’Arman fut conçue en un éclair, en regardant un casier d’objets amassés.
De l’informel à l’objet:
Dans les années 1950, Arman dirige son travail vers une peinture no figurative témoignant de l’influence de Serge Poliakoff
et de Nicolas de Staël (sans titre 1952-53). Puis l’artiste découvre l’œuvre d’Hendrik Nicolaas Werkman, voit quelques tableaux de Jackson Pollock et, au printemps 1954, visite l’exposition Kurt
Schwitters à la galerie Berggruen. Il abandonne alors le pinceau pour récupérer des tampons encreurs administratifs avec lesquels il imprime par des gestes automatiques la surface de la feuille
ou du tableau. Arman adopte rapidement les grands formats et la règle de composition du All over.
Vers la fin de l’année 1959, Arman expérimente sa première Poubelle, déversant le contenu d’une poubelle ménagère dans une
boîte en verre.
Puis en 1960, dans la lignée de la retentissante exposition « le vide » de son ami Yves Klein à la galerie Iris
Clert, Arman y organise « Le plein ». Il remplit la gamlerie jusqu’au plafond de détritus et d’objets de rebut.
Arman raconte comment lui est venue l’intuition de l’ »Accumulation », en regardant ses boîtes d’objets collectés :
« La plus profonde contenait des ampoules de postes radio, dorées, argent, certaines noires (…) j’ai ma première accumulation ».
L’accumulation est la répétition en grand nombre d’un objet de même type; elle fait valoir le principe de production en série
d’un même objet mais aussi de singularité de chacun dans sa grande ressemblance avec le suivant. Arman prend acte de la production industrielle massive comme nouvelle réalité.
En 1961, Arman réalise une première « Colère » en public en détruisant des copies de meubles Henri II (sans titre,
1961). Pour chaque « Colère », l’artiste travaille avec une gestualité empruntée à la pratique des arts martiaux, qu’il adapte pour sauvegarder partiellement l’identité de
l’objet.
Le 5 avril 1975, Arman réalise la performance « Conscious Vandalism », où il saccage un appartement de la moyenne
bourgeoisie.
Avec le procédé de la « Coupe » développé dès 1961, Arman cherche à comprendre la structure pour modifier à sa
guise l’apparence externe finale. La « coupe » engendre une métamorphose de l’objet, créant souvent une anamorphose en trois dimensions et effectue des rappels avec des mouvements
artistiques antérieurs, comme le cubisme, le constructivisme ou le futurisme de Boccioni et de Carrà.
Le recours à des matériaux tels que la résine ou le ciment vont permettre à Arman de protéger des œuvres constituées de
débris. L’immersion des objets dans une matière fait référence aux fossiles aux sites archéologiques.
Arman n’aborde plus un objet fini mais les unités (les pièces détachées) qui, assemblées, composent un objet
particulièrement complexe dans sa structure; ce travail sur les unités répond à l’appétence naturelle d’Arman pour le sériel et le répétitif.
En 1966, Arman institue la peinture et la couleur comme objets en les incluant dans la résine.
L4artiste accumule et piétine avec vigueur une grande quantité de tubes; Shooting d’Arman propose une alternative au
« tripang » de Pollock avec une autre forme de coulée de la peinture sur la toile, qui est une giclée.
La figure de Vincent Van Gogh reste une référence fondamentale dans la carrière d’Arman, qui lui rendra hommage en 1994 avec
des interprétations personnelles de « La Nuit étoilée ». Le film « Shooting paintings » tourné par Jean Ferrero entre 1990 et 1991 dans l’atelier d’Arman à Vence, est un
témoignage du « Shooting » comme geste pictural.
Commentaire :
Arman aura développé une œuvre en lien direct avec son époque, en utilisant comme matière artistique les objets manufacturés
produits par la société de consommation.
« Arman n’a pas eu une carrière linéaire, il a fonctionné par sectionnements, c’est-à-dire qu’il a mis au point de
grandes problématiques développées très tôt et sur une période très courte : entre 1958 et 1964, à peu près tout le langage d’Arman est en place. Ensuite, il va développer, décliner, combiner ce
langage durant tout le reste de sa carrière, c’était donc extrêmement difficile de proposer un parcours chronologique et il m’a semblé plus pertinent de reprendre ces grands fondamentaux. Cela
fait partie, je pense des grands caractères d’Arman pour qui rien n’est jamais définit. Il est dans un processus de création constant, de mise en action, d’éveil permanent ».
L’objet est appréhendé dans sa sérialité, sa multiplicité.
Il y avait quelque chose qui transcendait cette question de l’objet qui était la question du geste. Par exemple, une
« Colère », c’est une expression du corps, d’une énergie, d’un geste.
(sources : expo centre Pompidou « Arman » / « art actuel » #70)
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